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Vivre le choc culturel américain #2

écrit par Sarah 8 septembre 2014
hollande obama nsa france

Dans mon premier article sur le choc culturel américain, je me suis pas mal penchée sur les aspects pesants de la culture et mentalité américaine lorsque tu viens t’installer pour de bon. Après, il faut être honnête avec soi-même et avouer que s’il y a des choses qui me donnent envie de hurler et de secouer les américains comme des cocotiers, j’ai été tout autant choquée par des aspects culturels qui ne me font que valider mon choix d’être ici.

Une de premières choses qui me font du bien au cerveau, c’est que ça râle carrément moins ici. J’aime bien, ça repose grave les méninges. Ce sont des humains comme nous outre-Atlantique et le changement c’est pas forcement quelque chose qui nous met à l’aise et pourtant ici, le changement est accueilli avec une meilleure attitude. Il y a qu’à voir au travail. La direction est arrivée avec un meilleur système pour répondre aux emails. Après un petit exposé, chacun a l’opportunité de donner son avis et dire ce qu’il en pense. Devine qui est-ce qui s’est lancée dans une liste de choses négatives et à apporter son gros lot d’incertitudes ??? Mézigue, moi, seule toute. Le reste de mes collègues avaient hâte que ce soit mis en place. Ça m’a calmé, je ne te raconte pas !

Râler, c’est un signe de fainéantise. Ici, la mentalité promeut beaucoup le « bouge-toi les miches ». C’est le mythe du self-made man. Qui de mieux pour grimper les échelons et décrocher ce que tu veux que toi-même ?

Yes, we can

the american dream

Cette capacité qu’ont les américains à créer leur propre chance et des opportunités t’arrive dans la face comme une belle claque. Si tu le veux, tu le peux, mais t’as intérêt à aller le chercher parce que c’est pas facile. Quand je me plains de mon travail, Mr Mine est le premier à me dire que si je ne suis pas contente, j’ai qu’a en parler à ma boite ou en chercher une autre. Chacun est responsable de sa destinée et ça fait du bien de s’en rappeler.

Dans le première article, je t’ai dit que les enfants sont encouragés dès le plus jeune âge plutôt que critiqués à base de stylo rouge. On ne les encourage pas pour qu’ils ne passent plus les portes mais on les pousse à reconnaitre leurs forces et améliorer leur faiblesse. Dans la vie de tous les jours, à l’école ou au travail les feedback sont donnes de cette manière :

« This was great, I really like how you describe this. You handle this well and it all made sense. However, I did think you were lacking a little bit of this. Next time, make sure you do this. But again we really appreciate your work.”

« C’était très bien, j’ai beaucoup aimé la façon dont tu as décrit ceci. Tu t’y es très bien prise et tout était logiquement explique. Par contre ça manquait peut-être un peu de ceci. La prochaine fois fait bien en sorte de faire ça. Mais encore une fois, on est très content de ton travail »

J’appelle ça le sandwich positif.

En plus, je suis toujours surprise de la modestie de que ceux qui ont le plus réussi. Je ne te parle pas de diva à la Mariah Carey bien évidemment ou autre célébrités egocentrique. Les américains qui ont (un peu ou beaucoup) réussi adooorent « give back », le rendre à leur communauté. Il faut toujours rendre à ceux qui vous ont donnés. Bref, c’est un concept assez américain qui est de faire partie d’au moins une association humanitaire locale ou globale. Je n’y suis pas encore, loin de là.

life liberty and the pursuit of happiness

Une dernière chose qui je pense différencie BEAUCOUP les américains des français sont les aides. Les aides sociales et financières ici, elles existent mais sont loin d’être automatiques ou attendues. Bien évidemment dans les deux pays, il y a une groooooosse minorité qui ne fait que profiter alors que ceux qui en vraiment besoin sont trop gênés pour demander donc je ne parle pas de celle-ci.

La plupart est trop fière et honteuse d’avoir à demander de l’aide à l’Etat. J’avais discuté (ou plutôt écouter déblatérer) avec une des caissières de 60+ ans dans mon supermarché et je me souviens qu’elle m’avait tenu un discours qui illustrait cette « fierté ». Elle m’avait dit que ce n’était pas au gouvernement de payer pour ses « erreurs de jeunesse ». Elle ne voulait pas finir le lycée mais « le jour où elle irait demander des sous à l’État n’est pas encore venu ». Par contre l’entraide, c’est bien ce qui fait d’eux une nation « United » comme ils disent (d’où le giving back, t’as compris).

Pour conclure, l’American Dream, ce concept 100% américain, c’est un mythe encore présent et encore atteignable. Quand je suis dans mon cubicle, je le sens pas du tout mais quand je pense à mon parcours pour y arriver, je l’apprécie carrément mieux. Question de perspective?

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8 commentaires

SarahContePhilly 18 novembre 2014 à 17:51

Merci!! Le sarcasme c'est notre marque de fabrique un peu.

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SarahContePhilly 18 novembre 2014 à 17:50

En meme temps tu es americaine maintenant ;p!

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SarahContePhilly 18 novembre 2014 à 17:50

Chassez le naturel il revient au galop… C'est plus fort que nous parfois

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SarahContePhilly 18 novembre 2014 à 17:50

Merci!

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jetlagandcomplications 31 octobre 2014 à 18:43

Mais il est super ce blog! Je partage ton analyse : les Américains sont super optimistes et ça ouvre un monde de possibles dans la façon dont on envisage notre propre vie. Ca donne un bol d'air. En revanche, y a des moments où tu serais content-e de pouvoir partager ton humour sarcastique et les Européens sont quand même plus culturellement cablés pour ça que les Américains. Ca fait du bien des fois d'être un peu cynique 😉

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Stephanie 9 septembre 2014 à 23:31

Bah c'est drole parce qu'a mon travail, parmi mes collegues, je suis celle qui ne se plaint jamais; j'avoue que ca n'a jamais ete dans ma nature mais ca fait bizarre, ici : mes collegues sont toujours en train de se plaindre de ceci, de cela… Et moi, je dis jamais rien et des fois, ils se moquent (gentiment) de moi. Et je leur dis toujours : "Je comprends pas : c'est moi la Francaise, c'est moi qui devrais me plaindre !"
Bisous !

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Magouille 9 septembre 2014 à 22:19

Oui, je suis d'accord : "question de perspective" ! Bien vu ! Effectivement, l'American Dream ne se traduit pas toujours dans les faits… mais c'est plus une philosophie. Moi aussi, je trouve ça intéressant de voir comment les Américains voient les choses. Bon, parfois, j'ai mon "pragmatisme" français qui revient au galop… 😉 Mais souvent, c'est vraiment constructif.

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Mylène 8 septembre 2014 à 20:37

Super article ! J'adore aussi le positivisme américain, c'est tellement rafraîchissant, on est moins freinés par des "Oui, mais…" dans nos projets ! Bon, par contre, des fois cela peut nous paraître un peu exagérés pour nous français 🙂

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